[Linux-bruxelles] Logiciels libres: forcer le destin?

Serge SMEESTERS sergesmeesters at gmail.com
Jeu 13 Mai 13:09:49 CEST 2010


Hellho Manuel,


Pour ma part, je considère que nous pouvons tous comprendre ce que
sont les logiciels libres, leur raison d'être et les enjeux qui
gravitent autour. Donc la première chose que je fais, c'est
d'expliquer et informer à ce sujet (mise en page du manifeste GNU,
affiches, les liens, etc.).

Il y a plusieurs écoles ici-même...
Personnellement, ce que j'apprécie ce sont les libertés et « l''esprit
de coopération qui prévalait dans la communauté informatique dans les
jours anciens ». Il doit ainsi être naturel d'utiliser un bout de code
que d'autres ont mis au point dans son propre programme. Le copyright
rendait cela quasi impossible. La GPL à créer un espace juridique dans
lequel c'est toujours possible. La GPL défend également la
reconnaissance des uns et des autres et exige que l'on site tous les
auteurs pour leur contribution respective. Les licences libres mais
non compatibles avec la GPL ne permettent pas ce jeu dans cet espace !
Elles créer souvent un autre espace pour le même jeu mais avec
quelques petites règles différentes... Le terme "Open Source" n'offre
quand à lui que la garantie d'avoir la liberté d'étudier le logiciel
(à partir de son code source). La cohabitation de ces différents
logiciels et leur distribution est un autre sujet, moins
"problématique"...

Ensuite, ceux qui sont convaincus vont chercher à savoir ce qu'ils
peuvent faire.

Et c'est là que ça se complique.

Lors d'une LCP en générale les personnes intéressées sont plutôt
"convaincues", elles ont des connaissances et/ou de la volonté et du
temps (de venir nous voir, déjà...).

Par contre, sur nos lieux de travail, là c'est quand même très
différent. Et je ne me suis jamais fais d'illusion à ce sujet ;)

Les travailleurs sont mis sous pression. La marge de manœuvre est
étroite. « On est tous crevé quand ont rentre chez soit. ».

Il est tentant alors, de faire valoir quelques arguments tels que le
prix des licences, les virus, la stabilité, les formats ouverts, les
performances, etc. Cela n'a jamais été ma stratégie ! « ou alors il y
a longtemps, ou bien j'ai oublié. » :)

Par contre, dans toute "entreprise" (école, asbl, sprl, etc.) il y a
des choix a faire, régulièrement. C'est là que nous pouvons faire
valoir les valeurs véhiculées par les logiciels libres. Il y a un
décideur. Qu'il s'agisse d'un supérieur, d'un patron ou du collectif.
C'est ce décideur qu'il fout pouvoir convaincre alors.

"Le Responsable Informatique" :)
Ce poste est particulier. C'est un peut comme celui du responsable des
achats de fournitures... Il y a toujours des petit cadeaux chez tels
ou tels fournisseurs :) Bref, il a un certain pouvoir... Et avec ce
pouvoir, il y a des responsabilités. C'est comme pour Spider-Man...

Il est fallacieux, selon moi, de considérer que c'est au responsable
informatique de choisir les logiciels... Dans une certaines mesure il
a son mots à dire, en tant qu'expert et parce que c'est à lui ensuite
à s'occuper de la maintenance. Mais je trouve exagéré d'aller
prétendre que la maintient de systèmes Windows et Microsoft Office est
tellement lourd que la meilleur solution est d'installer Ubuntu avec
OpenOffice.org :) Waw ! Soyons sérieux quelques instants... Où alors,
le gars n'aurait probablement jamais été embauché ! Allez mettre ça
sur votre CV et essayez de trouver un boulot de responsable
informatique. Ça va marcher si vous tombez sur une boite qui utilise
déjà Ubuntu et OpenOffcie.org. Mais même une boite qui envisage une
tels transition ne fera pas appel à vous !

Le responsable informatique peut très bien signaler que la charge de
travail lui est trop importante. Mais de là a ne proposer qu'une telle
transition, lourde de conséquences pour les utilisateurs et pour
lui-même (obligé à faire des heures supplémentaires, etc.), c'est
comparable à une prise d'otage suicidaire.

Par contre, avec un peu de pédagogie, il est possible de sensibiliser
une majorité des collègues de l'intérêt des logiciels libres en tant
que tels. Alors, lorsque des choix sont a faire en la matière, ils
pourront être favorables aux logiciels libres. Une majorité sera
impliquée dans ce choix. Et le responsable informatique sera soutenu
par ses collègues.

OpenOffice.org est différent de Microsoft Office. Mais d'une version à
l'autre, Microsoft Office peut également être fort différent. Quoique,
il y a toujours un effort à ce niveau là de la part de Microsoft.
C'est d'ailleurs ce qui les amènent à trainer des boulets d'erreurs
conceptuels de version en version... C'est pareil pour le Windows.
Nous avons tous entendu parler des déconvenues à propos de Vista... Le
Windows 7 semble ravir beaucoup plus de monde... Mais le mode
d'émulation de Windows XP est très déconcertant lorsqu'il est
nécessaire...

La compatibilité de OpenOffice.org avec Microsoft Office est relative
à ce que l'on entend par "compatible" et le type de document que l'on
manipule. Pour certains elle ne sera considéré que de 10 % alors que
pour d'autre elle sera considéré de 100 %. Je préfère personnellement
expliquer que c'est normal car il s'agit de deux logiciels différents
dont le but n'est pas d'être compatible entre-eux. Il n'est déjà pas
si mal que la compatibilité soit recherchée d'une version à l'autre :)
J'insiste sur le fait qu'ouvrir un fichier .doc avec OpenOffice.org
est une importation ! Et enregistrer sous ce même format est une
exportation ! Que ces deux opérations ne sont pas anodine, ont leurs
limites et ne doivent servir que pour dépanner... Des personnes
compétentes doivent être chargée de convertir les anciens fichiers
.doc en nouveaux fichiers .odt. Ces personnes auront plus ou moins de
travail en fonction du type de documents à convertir. Une fois la
conversion effectuée, le but est de n'utiliser que OpenOffice.org :) À
noter encore que cette aptitude à importer des .doc est l'une des
choses qui s'améliore d'une version à l'autre de OpenOffice.org et
qu'il faut donc toujours vérifier qu'on travail avec la dernière
version. Ça peut parfois faire gagner du temps...

La question des licences est plus délicat. Seul de réels problèmes
avec la BSA peuvent convaincre... Je ne suis pas favorable à la
délation ! Mais espérer convaincre uniquement sur de la théorie et de
beaux principes est illusoire car « tout le monde utilise ces
logiciels sans en payer ». L'idée est que « cela n'est pas possible
autrement et que les vendeurs (Microsoft) le savent et que même ça les
arrange, etc. » Que cela soit vrai ou pas, il est très difficile de
convaincre du contraire une majorité d'utilisateurs dont le confort de
travailler est mis en question. Malheureusement, j'ai l'impression que
lorsque les problèmes réels avec la BSA sont là, il est déjà trop tard
pour changer son fusil d'épaule ; seul la fuite en avant est
possible... Dites-moi si je me trompe.

Chez moi, je suis le roi ! Depuis plus de 6 ans, je n'utilise que des
systèmes GNU/Linux. Ma tendre compagne n'y connaissait rien quand nous
nous sommes rencontrés. Elle n'a eu aucune difficulté particulière
pour apprendre à utiliser ce que l'on appel alors Le Comput' ;) Plus
tard, lorsqu'elle cherchait du travail, elle s'est inquiétée et ma
demandé de lui montrer « le Windows »... Je lui ai installé la version
XP. Elle à été rassuré sur son aptitude à l'utiliser également et ne
comprenait pas pourquoi certains préfèrent ça... J'ai pu le
désinstaller rapidement :)

Mon père n'a jamais rien connu d'autre également, que Ubuntu. Et il
s'en sort plutôt bien. Il est content et fière de savoir utiliser Le
Coimput' !

Ma tente Laurette utilisait le Windows depuis des années lorsqu'elle
m'a appelé au secourt et m'a demandé de lui installer autre chose...
Je lui ai expliqué la raison d'être des logiciels libres. Elle a
compris, et depuis plusieurs années maintenant, elle utilise Ubuntu.
Je passe régulièrement chez elle pour faire de la maintenance et lui «
expliquer Le Comput' »...

Au boulot, j'ai déjà expliqué comment ça se passe. Mais j'ajouterais
quand même que sur mon poste de travail, c'est bien entendu un système
GNU/Linux que j'utilise et que cela impressionne quand même mes
collègues, de voir avec quelle efficacité je fais certaines choses
comme de graver un CD ou travailler sur plusieurs espaces de
tramails... La question des libertés dérange car dans l'asbl, nous
sommes tous sensible à ce genre de choses mais pour l'instant ils
n'ont pas le temps et/ou l'énergie de faire ce qu'ils ont envie de
faire d'un point de vue logiciel. Je reste présent et disponible pour
les aider à utiliser des logiciels, et il est un fait que je suis
beaucoup plus compétent lorsqu'il s'agit de logiciels libres.

Yves, ne te mets pas en position de conflit avec tes collègues. Ça
n'en vaut pas la peine. La cause des logiciels libres ne l'exige pas.
Continue de partager tes connaissances, tes valeurs et ta passion.
Écoute également tes collègues et cherche à voir comment vous mettre
d'accord...

À+,
Serge S.




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