[Linux-bruxelles] [Lu sur Data News] SPF Justice: le tout-Microsoft sur le PC

Pierre Van Grambezen pierre.van.grambezen at swing.be
Dim 13 Déc 12:32:27 CET 2009


Bonjour.

Je n'ai pas reçu de réaction à mes questions sur Data News.
Il me semble que le changement de direction dans l'informatisation du
SPF Justice (projet Chéops) est dû à des mouvements de personnel.
J'ai cherché dans les archives de Data News ce qu'ils avaient à en dire,
le dossier joint regroupe ce que j'ai trouvé.

Pour la suite, je pense me tourner vers le Fédict, et demander ce qu'il
en est de la perennité des documents. Le portail Belgif, consacré à
l'interopérabilité dans le contexte de l'e-gouvernement et de la société
de l'information, cite divers standards proposés (mais pas imposés):
http://www.belgif.be/index.php/File_type_and_document_formats.
ODF y est, OOXML pas. Il faut dire que Belgif n'a pas l'air très actif.
La décision de retenir ODF comme standard date de 2006 : 
http://presscenter.org/archive/other/2648eda677208241081d4d8e02c22975/?lang=en
La question est donc : comment la nouvelle direction du projet Chéops
prendra-t-elle en compte les décisions gouvernementales et les choix du
Fédict sur la perennité des données et sur l'interopérabilité ?

Avez-vous d'autres suggestions ?

Pierre
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	Phenix est mort, Unisys et la Justice gravement blessées

8 mars 2007 -- Olivier Fabes

Le gouvernement a rompu le contrat qui le lie à Unisys dans le cadre du fameux projet Phenix de modernisation de la Justice. Après six ans de revirements, retards et gaspillages. Le SPF Justice, avec l'aide du Fedict, travaille à un scénario de transition.

Coup de tonnerre hier soir lorsque la Ministre de la Justice Onkelinx, à l'issue d'un conseil de ministres restreint, a annoncé la rupture unilatérale du contrat signé avec Unisys dans le cadre du projet Phenix. En plus de standardiser et rendre pérenne une informatique interne hétéroclite et obsolète, ce projet de modernisation veut (ou plutôt voulait) tirer parti du potentiel de communication des technologies internet/intranet, via le principe d'un "dossier électronique" créé pour chaque affaire dès le début d'une procédure judiciaire et enrichi par les différents acteurs de l'appareil judiciaire. L'objectif (déjà reporté) était de généraliser le système à l'ensemble des cours et tribunaux en 2008.
Il ne sera jamais atteint puisque le gouvernement ne cache pas que le divorce avec Unisys marque la fin du projet Phenix.
Dans un communiqué, le cabinet Onkelinx explique que "la rupture de contrat était devenue inévitable, vu les retards accumulés par la firme et le manque manifeste de qualité des prestations fournies." La firme américaine avait été choisie comme fournisseur principal fin 2001, encore du temps du Ministre Verwilghen.
La réaction de Unisys ne s'est pas fait attendre. L'entreprise se dit "choquée" de cette décision et refuse que la Ministre fasse porter toute la responsabilité de l'échec du projet à Unisys. "La Vice-Première semble vouloir minimaliser les manquements de son propre département," lance Unisys, qui se refuse pour le reste à tout autre commentaire.
Et maintenant ?
Il y a deux ans environ, le service public informatisation (FedICT) a été appelé à la rescousse pour tenter d'aider à remettre le projet sur les rails. En vain. Jan Deprest, son président, a également eu des mots très durs envers la qualité du travail livré par Unisys. Et maintenant ? Il semble bien que peu d'éléments puissent être récupérés. "Nous sommes occupés à examiner quels développements éventuels de Unisys pourraient être conservés, mais la question est bien sûr d'ordre juridique : qui est propriétaire de quoi ?," commente Jan Deprest. Une petite partie du travail de centralisation de l'architecture IT pourrait être conservé. La priorité du jour est toutefois la mise en oeuvre d'un scénario de transition concocté par le département IT du SPF Justice, le comité de pilotage de l'ex-Phenix et FedICT : "ce scénario prévoit de rafraîchir et revaloriser les outils informatiques existants," poursuit Jan Deprest. En d'autres termes, de garantir qu'il n'y ait pas d'interruptions de service. Et éviter, comme ne manque pas d'ironiser l'opposition, que la Justice se retrouve avec des ordinateurs qu'on ne trouve même plus en seconde main.
Pour la suite des événements, les mêmes acteurs travaillent à un document, sorte de nouveau cahier des charges, préparatoire au choix d'un nouveau fournisseur. Mais aucun calendrier n'est encore fixé. Les élections approchent.
Au fil des ans, le cours de ce projet ne manquera pas de laisser un goût amer chez pas mal d'observateurs, en raison des faux-semblants qui ont entouré ce projet (sans parler bien sûr des millions gaspillés) : nous nous souvenons d'un "Executive Summit" de Unisys, organisé dans un palace de New York il y a quatre ou cinq ans, lors duquel l'entreprise s'était vantée de son rôle moteur pour le "Belgian Ministry of Justice", alors que Unisys n'avait pas encore écrit une ligne de code ... Le comportement de la Ministre en décembre dernier ("tout est sous contrôle"...) n'était guère plus réjouissant. 

	La Justice: "Pas question de choisir la couleur des sièges si le châssis n'est pas prêt"

10 novembre 2008 -- Stefan Grommen

"Il faudra un certain temps, mais ce que nous fournirons, cela fonctionnera." Tel est le message que le cabinet de la Justice souhaite faire passer à propos de l'informatisation en cours.

L'ambiance qui règne actuellement autour de l'informatisation au sein du gouvernement est déplaisante, et ce n'est pas peu dire. Récemment, l'hebdomadaire flamand Knack s'est montré sans pitié vis-à-vis du SPF Finances. Ce n'est donc pas une sinécure que d'évoquer le mémoire détaillant la politique à suivre à la Justice, où l'informatisation reprend petit à petit son cours après la débâcle Phenix. Ruben Lemmens, conseiller et chef de projet pour l'informatisation de la Justice, ne le sait que trop bien et entend par conséquent expliquer personnellement les accents IT du mémoire de la Justice 2008-2009. "Dans l'ambiance qui règne aujourd'hui autour de l'informatisation, les termes 'retard' ou 'supplément de coûts' prennent une horrible signification. Mais il convient de dire honnêtement que dans le cas de l'informatisation d'un mastodonte comme la Justice - avec les antécédents que l'on connaît et avec un nouveau cabinet et un nouveau planning - il est très compliqué de s'écrier au bout de 10 mois déjà: 'C'est prêt'."

"Phenix nous a appris qu'on peut difficilement travailler avec un 'all-in-one-shot': développer et déployer un seul système dans l'ensemble de la Justice, déclare Lemmens. C'est pourquoi nous avons opté pour un projet en phases, Cheops. Cela signifie que par branche de l'ordre judiciaire, nous allons développer une application, en concertation avec tous les acteurs concernés."

Fin 2009

La première phase de Cheops est entamée: les justices de paix, les parquets et les tribunaux de police sont à présent équipés de Mach, alias 'Mammouth at central hosting'. Il s'agit d'une version rénovée de l'application existante, Mammouth, qui date de 1992 et fonctionne sur base de MS Dos. "Nous en avons fait une version basée web. Deux justices de paix sont aujourd'hui déjà en ligne. Actuellement, les 10 sites pilotes suivants sont en train d'être testés et déployés. Immédiatement après, nous passerons au déploiement complet des 229 justices de paix existantes. Il en ira alors de même pour les parquets et les tribunaux de police."

"Pour moi, fin 2009 constituera une étape importante, explique Lemmens. A cette époque, les justices de paix, parquets et tribunaux de police devraient être parés. Chaque justice de paix et chaque tribunal de police qui opèrera avec l'application d'ici fin 2009 représentera un pas en avant par rapport au passé."

Lemmens admet qu'il est très ardu de convaincre les utilisateurs. "Entre autres à cause de l'écolage. Nous utilisons le principe 'teach the teacher', à savoir former une série de personnes sur site, lesquels formeront à leur tour leurs collègues. Honnêtement, je dois avouer que nous devons effectuer en permanence des évaluations. Il faut en effet trouver les gens qui veulent bien s'y prêter et qui sont aussi un minimum doués. Au début, nous n'en avions même pas 5, mais aujourd'hui, nous en sommes déjà à 28."

"On ne peut sous-estimer le côté psychique du personnel de la Justice, fait encore observer Lemmens. Il est très réservé quand on lui parle d'informatisation. Et je lui donne raison à 300%: c'est qu'on lui a déjà promis le paradis sur terre, et il n'a rien obtenu jusqu'à présent..."

Projets individuels

Outre Cheops, qui représente 60 à 65% des activités d'informatisation au cabinet de la Justice, il y a aussi plusieurs projets d'informatisation individuels. "Nous avons déjà parlé de 'JustScan', par lequel nous voulions dans chaque bâtiment une espèce de mini-centre de scannage dans l'optique de l'introduction d'une sorte de dossier électronique. Eh bien nous entamons très concrètement plusieurs de ces projets pilotes (entre autres dans le cas du procès consacré à la catastrophe de Ghislenghien, NDLR). Mais une fois encore, si l'on annonçait demain JustScan au sein de la Justice, ce serait une gaffe gigantesque. Nous n'allons pas choisir la couleur des sièges, si le châssis de la voiture n'est pas encore prêt."

À propos des applications des tribunaux d'exécution des peines et des prisons (Sidis, Surtap et Sipar), le cabinet a demandé à Agoria de réaliser une étude. "La question est de savoir comment nous - si nous innovons - pouvons lancer un pont numérique entre ces systèmes." On a aussi ressorti l'idée du fichier central de messages de saisie permettant aux huissiers de savoir partout chez qui et sur quoi une saisie a déjà été pratiquée. En outre, un protocole a été conclu entre les parquets et Assuralia, la fédération des assureurs. Le but est de rendre disponible pour l'assureur dans les plus brefs délais et par voie électronique un dossier, une fois qu'il a été réglé à la police, afin qu'il puisse être plus rapidement traité. Enfin, la Justice pense également à une manière de permettre la consultation numérique des jugements rendus par les tribunaux d'une part et des conclusions des avocats d'autre part.

"Toutes ces choses illustrent bien la nouvelle approche à la Justice: d'abord évaluer la pertinence d'une mesure, puis en examiner les aspects juridiques, techniques et financiers. L'ICT au sein de la Justice n'aura peut-être pas un rendement très élevé les premières années, mais elle tentera surtout d'ordonner et de structurer le chaos existant. Ce que nous fournirons ensuite, ce sera quelque chose qui sera adapté aux besoins du terrain et qui fonctionnera."

	Dirk Minnaert quitte l'IT du SPF Justice

13 mai 2009 -- Marc Husquinet

En poste depuis 2003, Dirk Minnaert quitte ses fonctions de directeur du service d'encadrement ICT du SPF Justice où il dirigeait une équipe de 75 informaticiens.

Il est remplacé dans ses fonctions à titre intérimaire par Marc Martel, jusqu'ici responsable budget, contrôle de gestion et logistique. Mais lui-même est sur le départ, à l'instar de Jan Bogaert, directeur Personnel & Organisation, tous trois étiquetés Open VLD.

	Karel Tobback en charge de l'informatisation des tribunaux

18 septembre 2009 -- Frederik Tibau

Karel Tobback a été sollicité par le ministre fédéral de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V), pour diriger le processus d'informatisation des tribunaux. Il quitte donc le cabinet de la ministre flamande de l'environnement, de la nature et de la culture, Joke Schauvliege.

L'opération d'informatisation a pour but de renouveler l'appareil judiciaire, d'accroître son efficacité (e. a. au moyen d'une banque de données interne, afin que les membres d'un même tribunal puissent traiter les dossiers plus rapidement) et de rapprocher encore la justice du citoyen.

Le projet d'informatiser l'appareil judiciaire s'appelle Cheops. D'ici 2011, c'est toute la hiérarchie judiciaire qui devrait être renouvelée: des Justices de Paix jusqu'à la Cour de Cassation. Cheops remplace le projet Phenix qui avait fait long feu en 2007 au terme d'un douloureux échec.

Karel Tobback (47 ans) avait entre 1995 et 1999 déjà travaillé au cabinet la Justice, sous Stefaan De Clerck et sous son successeur, Tony Van Parys. Dans le gouvernement flamand précédent, il fut un moment chef de cabinet socio-économique du ministre-président Kris Peeters, et a coordonné le projet Vlaanderen in Actie. Il a été aussi président de la Fédération Royale des Notaires Belges (1999-2003), où il a mis sur pied l'e-notariat.

	Ruben Lemmens au cabinet Vandeurzen

21 septembre 2009 -- Stefan Grommen

Ruben Lemmens, l'ex-conseiller et chef de projet à l'informatisation de la Justice, est entré au cabinet du ministre flamand du bien-être, de la santé et de la famille, Jo Vandeurzen.

Lemmens, qui a déjà travaillé sous Vandeurzen, lorsque ce dernier était ministre de la Justice, avait été sollicité, il y a un certain temps déjà, pour devenir secrétaire politique dans son cabinet. "J'ai accepté après en avoir discuté avec Stefaan De Clerck." Au cabinet flamand du bien-être, de la santé et de la famille, Lemmens s'occupera (entre autres) des dossiers IT au niveau politique. "Nous devrons ainsi réfléchir à la question de savoir si l'e-health peut devenir une compétence flamande."

Voilà qui explique aussi la nomination de Karel Tobback au cabinet de De Clerck, que nous annoncions avant ce dernier week-end. Lemmens à ce propos: "J'appuierai complètement Karel Tobback et, en étroite concertation avec lui, j'aiderai aussi à mener à bien la gigantesque tâche de l'informatisation de la Justice."

	SPF Justice: le tout-Microsoft sur le PC

20 octobre 2009 -- Marc Husquinet

Alors qu'il avait décidé en 2006 de se tourner vers les logiciels open source, le SPF Justice se lance désormais dans un vaste chantier de standardisation sur les produits Microsoft sur le desktop.

Fini donc le système d'exploitation SuSe Linux, la suite bureautique OpenOffice ou encore Oracle mail sur les PC des fonctionnaires.

En cause, semble-t-il, des plaintes de plus en plus nombreuses d'utilisateurs. Plaintes concernant les soucis de gestion des PC, la difficulté de distribuer certaines applications maison centrales vers les PC décentralisés, les problèmes liés à l'impression de certains fichiers ou encore à la lecture de certains annexes d'e-mail, sans parler de la compatibilité du format Open Office des documents. Tel est du moins l'analyse de la situation faite par Microsoft.

Du coup, le SPF a décidé de faire table rase au profit de Microsoft. En pratique, la standardisation au niveau desktop, soit 17.500 machines (PC de bureau et portables), couvrira à la fois Active Directory, Exchange (sans doute 2010), Windows 7 et Office. Au cours des 12 à 14 prochains mois, les trois premières phases seront déployées, le choix d'Office Professional Plus ayant fait l'objet d'une décision ultérieure prise cet été.

L'implémentation sera prise en charge directement par Microsoft Consulting Services, avec obligation de résultat. Le montant du contrat n'a pas été dévoilé.

	Justice: Microsoft fait appel à des partenaires

6 novembre 2009 -- Luc Blyaert

Microsoft a demandé l'aide de partenaires pour la mise en œuvre des 17.500 progiciels Windows au sein du Service Public Fédéral Justice. Initialement, on pensait que Microsoft Consulting s'en occuperait elle-même.

Il y a trois ans à peine, le SPF avait opté pour le programme d'exploitation open source SuSe Linux, la suite bureautique OpenOffice et le mail Oracle. Mi-octobre, on apprenait que le SPF Justice renonçait à tout cela suite à un excès de problèmes et de plaintes de la part des utilisateurs finaux. Il choisit donc à présent Windows7 et Office 2010. Le montant du contrat n'a pas été communiqué. Tout devrait être opérationnel pour la fin 2010. Microsoft Consulting a demandé l'aide de plusieurs partenaires tels Real Dolmen, mais aussi de divers autres intégrateurs comme Dimension Data.

Ce qui est étonnant, c'est que le groupe formé de Microsoft, Dolmen et HP est encore et toujours en procès avec la Justice. Le consortium avait en 2003 conclu avec le ministre de la Justice de l'époque, Marc Verwilghen, une commande dans le cadre du fameux projet Cheops. Laurette Onkelinx, qui lui succéda, avait dénoncé ce contrat, à la suite de quoi Dolmen avait fait appel, en accord avec Microsoft et HP. Fin mai de l'an dernier, l'entreprise avait obtenu gain de cause, et un dédommagement de 600.000 EUR lui avait été attribué. Cette fois, c'est le gouvernement qui a interjeté appel. On ne sait pas encore quand le jugement sera rendu. Les parties concernées démentent l'existence d'un lien entre les deux dossiers.


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