[Linux-bruxelles] Re: [Linux-bruxelles] RE: [Linux-bruxelles] Notre inspirateur nous parle encore, de liberté !

Miguel Quaremme mquaremme at cire.irisnet.be
Lun 2 Fév 17:24:09 CET 2004


Ledent Marc wrote:
[snip toi-même ;-)]

> Est-ce mal (paraphrasons Miguel), est-ce immoral?
> 
> Non. Il est tout à fait moral de vivre de son travail, et amoral
> d'exiger qu'il n'en soit pas ainsi.
Cocher le travail qui vous fait vivre et qui n'est dès lors pas amoral
[ ] Tueur à gage
[ ] Vendeur de drogue
[ ] proxénète

> Ce boulot m'a permis de me donner ainsi qu'à d'autres du travail ce
> qui m'a permis en conséquence de nourrir, loger, habiler ma petite
> famille. Ma cela m'a permis également de progresser dans l'art de la
> programmation et de participer durant mes temps libres à des projets
> gratuits (actuellement zabbix).
Comme le commerce de drogue qui fait vivre des milliers d'afghans et de 
colombiens, qui n'est donc pas amoral pour toi... (merci pour eux ils 
dorment tranquilles maintenant)

> Qui donc in fine finance, directement ou indirectement, ces projets?
> 
> 
> - La société qui m'a employé et donc formé - De généreux donnateurs,
> ayant préalablement gagné d'une manière ou d'une autre cet argent. -
> Des gens comme vous et moi qui donnent de leur temps libre. En ce qui
> me concerne, je suis à mon compte, et mon temps libre peut
> parfaitement se chiffrer. - J'en oublie sûrement d'autres
> 
> Donc pour une bonne part des sociétés privées.
> 
> Est-ce mal (reparaphrasons Miguel), est-ce immoral?
> 
> Non. Mais je m'explique. Pour moi c'est une question d'altruisme. Une
> société au sens large ne peut sainement fonctionner sans altruisme.
> C'est vrai aussi bien pour une société humaine (communauté?) que pour
> une société au sens légal (asbl, sprl sa, ...). Mais cet altruisme
> n'est pas exigible. 
Une opposition classique entre charité (ou altruisme) et solidarité. 
Depuis un bon bout de temps, et malgrès de très fortes protestations, 
les gens payent des impôts, ils sont pour la plupart contraints de le 
faire pour le bien de tous (école, route, soin de santé, etc.).  Dans 
notre société, la charité est organisée en solidarité.
Dans les pays où ce n'est pas le cas le taux de participation à des 
oeuvres caritative est bien plus grand (4 h/semaine aux USA si je me 
souvient bien).  Certes, mais je crois qu'il ne faut pas un long 
argumentaire pour dire que les USA sont un des pays les plus 
catastrophiques, au niveau des soins de santé, de l'école, du logement, 
etc.
L'altruisme, c'est la fondation Bill et Melinda Gates (j'espère que je 
vais pas avoir des courriels d'indsulte parce que Bill Gates est le plus 
grand donateur au monde et que pour ça il est absout de tout), la 
solidarité ce sont les logiciels libres.
Bref, non à l'atruisme ! Oui à la solidarité ! (cf Stallman et son 
Liberté, Égalité, *Fraternité*)

Si je choisi de donner gratuitement de mon temps
> pour une société, cette société n'est pas en droit d'exiger ma
> participation. Et c'est ensuite par civisme que je participe, en
> réponse à la participation d'autrui. Concernant le logiciel libre, en
> definitive, l'engagement moral - j'y arrive enfin - serait: je choisi
> d'utiliser le logiciel libre, donc je suis moralement engagé à y
> contribuer. Là est pour moi la seule contrainte morale, c'est le
> *prix* du logiciel libre.
Tu mets le doigt sur le noeud du problème: quelle est la part de morale 
personnelle et collective d'une entreprise comme les logiciels libres ?
Les logiciels libres doivent-ils rester de l'ordre de la morale 
personnelle ou devenir, à l'instar de la charité, organiser par le 
pouvoir public ?


> Ceci dit, je trouve néanmoins normal de payer un produit -
> informatique ou non - que j'utilise et qui me satisfait ... et le
> problème est un peu là aussi. 
Historiquement un de facteur de développement des droits d'auteur et la 
volonté d'une professionnalisation de l'artiste, il doit pouvoir vivre 
de sa production artistique grâce aux droits d'auteur.
Soit on considère que c'est normal, comme la majorité des gens, soit on 
se repose la question...
Personnellement, j'ai suivi le même chemin que Stallman qui revient à la 
situation antérieure historiquement: le mécénat (on paye pour un service 
"artistique", informatique en l'occurence.  Stallman l'explique dans son 
manifeste de quoi vivront les dévelloppeurs avec l'avènement du 
copyleft).  Un peu comme à la renaissance ou le peintre venait sur 
l'ordre d'un Médicis faire une jolie toile et puis se cassait.  Le 
peintre recevant le cachet et ne souciant plus de ce qu'on faisait de 
son oeuvre et le propriétaire rigolant de ceux qui voulait copier parce 
que lui avait avait obtenu une oeuvre sur mesure (son portrait par exemple).


 > Les produits Microsoft - et d'autres -
 > n'intègrent pas la notion du 'satisfait ou remboursé', plus d'autre
 > éléments liés au service après vente ainsi que bien évidemment des
 > problèmes de licence - Miguel le dira bien mieux que moi - prenant en
 > otage l'utilisateur (consommateur? Aïe, le mot est lâché ;-)).
Ce sont des enc@#%&.
Cela dit je crois qu'ils représentent "seulement" un paroxisme dans le 
système néo-libéral qui tend "naturellement" à des positions 
monopolistiques ou des cartels (trust).  Même si la doctrine avouée est 
contraire à cette perspective.


> Et si on parlait du shareware?
Tu me provoques là... ;-)

> Mais d'ou viendra le pavé?


-- 
Miguel Quaremme




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